2004/11/01

La suite (bis)

C’est chiant, la technologie. Les lecteurs de CD dans les bagnoles, les régulateurs de vitesse et les allumages électroniques, ou bien les portails électriques, les fours à micro-ondes, moi je suis plutôt pour. Mais alors, les ordinateurs, quel merdier ! Ça marche jamais pareil deux fois de suite, et si t’es pas gentil avec ces putains de machines, elles te pètent dans les doigts aussi sec ! Tout ça pour dire que je n’ai pas pu raconter la suite depuis la dernière fois, à cause de cette connerie, de je ne sais pas quel câble ou quel virus, d’ailleurs je m’en bats les couilles. Bon, on reprend.

Avant de parler de Thea, je vais parler de Romeo. Il m’inspire plus, ce gars-là. Thea, c’est une fille bien, mais il y a moins de choses à raconter sur elle. Peut-être parce que c’est une fille bien ?

Romeo, c’est le chauffeur de Karely. Et quel chauffeur ! Le genre pilote de course, mais seulement quand le patron n’est pas à l’arrière de la Bentley. Pilote de course qui a oublié que la route est à tout le monde, d’ailleurs. En dix ans, il a dû avoir une bonne demi-douzaine de crash. Mais le vieux l’a gardé quand même. A croire qu’il a quelque chose pour faire pression…

Romeo, c’est un Rital, d’origine. Romeo Tardini, c’est son vrai nom. Sauf que si tu ne le connais pas, son nom, tu auras du mal à le deviner, qu’il est italien. Parce que dans le genre blondinet, on ne fait pas mieux, avec des yeux bleus, et pas loin du mètre quatre-vingt dix. Ce n’est pas vraiment le type italien, quoi.

Italien, mais né chez nous. Aussi américain que toi et moi. Né à Syracuse, même (il y a des coïncidences, des fois, tu te demandes si le hasard ne l’a pas fait exprès…). Ses parents aussi étaient nés ici, ce sont ses grands-parents qui venaient d’Italie.

La course, c’était son truc, quand il était jeune. Mais la course avec les flics, dans des voitures volées. Ce qui l’a conduit en taule. Ce qui l’a ensuite conduit à conduire la bagnole, à la sortie des braquages de sa bande de truands… Et à se servir d’un flingue.

Je ne sais pas comment il a fait pour arriver au service de Karely. J’ai des doutes. Moi, quand j’ai voulu bosser pour lui, il a fallu que je lui montre mon casier vierge et mes ongles manucurés. Je n’ai pas du tout eu l’impression qu’il était du genre à fréquenter des mauvais garçons. Il a fallu que Romeo la ramène avec son pédigrée pour que je comprenne un truc : le vieux avait aussi besoin d’un homme de main, de temps en temps.

Va savoir pourquoi.

Allez, à bientôt. Je vais essayer de ne pas faire de détour par l’hôpital, d’ici la prochaine fois…