2004/10/16

La suite

Je reviens de temps en temps sur ce site. Ne m’en demandez pas plus : en général je n’en ai pas le courage, et même si j’aimerais que certaines choses se sachent, je crois que ça ne changera pas grand chose pour moi. Et pour les autres ? Les autres, mes chers concitoyens, ils ont passé les vingt dernières années à me cracher au visage, alors…

J’ai juste envie de mettre un coup de pied dans ce tas de boue. C’est tout.

Poursuivons sur le vieux Karely…

Il n’a qu’une malchance : il n’y a personne pour hériter de sa fortune et de son pouvoir. Zéro femme, zéro enfant, il va crever comme il a vécu : seul. Oh, certainement que certains se battront pour conserver intact l’héritage, quand il sera passé de l’autre côté, mais je leur souhaite bon courage ! Et sans fortune, ce sera une autre paire de manches…

A qui iront les biens du Vieux ? Personne ne le sait. Il a bien dit ici et là, en telle ou telle occasion, qu’il en donnerait une partie à son église, une autre à la ville, une autre à l’UNICEF et à je ne sais quelle autre connerie caritative, mais l’essentiel, on ne sait pas dans quelles mains ça va retomber. Les gars du Thunder Bay Clarion ont bien essayé de reconstituer l’arbre généalogique de ce cher TW, mais ils ne sont arrivés à rien. Alors, peut-être que le Vieux va léguer ses usines à sa cuisinière ? à ses chiens ? à une fondation pour la réinsertion des détenus originaires de la ville ? au parti Républicain ?

Honnêtement, je m’en fous. Et puis, je serai mort avant lui. J’ai eu du mal, l’autre jour, avec Rob. J’ai vieilli, ou bien je ne suis pas en forme. (Drôle de façon de parler.)

Le vieux grincheux vit tout seul dans sa maison immense, le Jackson View Manor. Tous ceux qui ont visité un jour la ville savent à quoi il ressemble. Pour les autres, essayez d’imaginer un vieux château écossais, sombre, très sombre, planté sur la falaise au-dessus de la mer, dominant celle-ci comme il domine la ville. Pour un vieux bonhomme solitaire, c’est largement surdimensionné.

Je dis qu’il vit tout seul parce que les seuls qui l’habitent avec lui sont ses domestiques. Une cuisinière, une bonne, un garde du corps (parfois deux, si le patron se sent plus mal que d’habitude) et un chauffeur (qui sait aussi se servir d’un flingue, méfiez-vous de Romeo…). Tout ce petit monde vit au manoir, sauf la cuisinière, Thea.

Les autres sont des cons, mais Thea, c’est quelqu’un de bien. Il faudra parler d’elle, un peu.

Allez, je suis fatigué. A la prochaine…